Lonely Walk

Une biographie-interrogatoire de Lelo Jimmy Batista, journaliste aperçu à plusieurs reprises en compagnie du groupe Lonely Walk entre 2012 et 2015. Tenez, je vous ai apporté un café. Bien, commençons. Quelles relations entreteniez-vous avec Lonely Walk ? J’ai sorti leur premier album VIHS sur mon label Satanic Royalty en 2013. Je crois savoir que ce […]

Une biographie-interrogatoire de Lelo Jimmy Batista, journaliste aperçu à plusieurs reprises en compagnie du groupe Lonely Walk entre 2012 et 2015.

Tenez, je vous ai apporté un café. Bien, commençons. Quelles relations entreteniez-vous avec Lonely Walk ?

J’ai sorti leur premier album VIHS sur mon label Satanic Royalty en 2013. Je crois savoir que ce n’était pas vraiment un album. Non, mais Satanic Royalty n’était pas vraiment un label non plus.

Lonely Walk n’était pas un groupe de toute façon. Quand avez-vous découvert qu’il s’agissait en réalité d’un projet solo de Monsieur Crâne, ce bordelais fou jonglant entre pop, rap, new wave, post-punk et musique psychédélique qui jouait également dans Crâne Angels et Le Pingouin ?

Il m’a tout avoué immédiatement. Nous avons ensuite remédié au problème. Il a recruté quelques personnes dans son entourage et Lonely Walk est devenu un groupe. Puis j’ai choisi une dizaine de titres parmi son répertoire, que j’ai agencé dans un ordre particulier et c’est devenu un album.

Aussi simple que ça. Astucieux. Et personne ne s’est rendu compte de rien ?

Non, le groupe a donné de nom[1]breuses interviews, a joué avec Beak, Frustration, Preoccupations, Damo Suzuki et a même fait la première partie de la tournée européenne de And Also The Trees.

Et puis le guitariste s’est mis à avoir des visions et a tenté d’égorger le bassiste.

C’est vrai. Mais ils en ont trouvé un autre très vite.

C’est une chance. Le deuxième album est sorti sur Born Bad. Pourquoi ?

C’était mieux pour eux. Meilleure distribution. Plus de concerts.

À ce moment-là, les témoins disent que leur son s’est radicalisé. Plus dur. Plus ample. Plus maîtrisé.

C’est à dire qu’à ce stade, ils avaient beaucoup tourné, c’était devenu un vrai groupe.

Je vois. Et aujourd’hui, après 3 ans de silence, il semblerait qu’un troisième album soit en route.

C’est exact. Le premier titre a été composé le jour de l’élection de Donald Trump et le dernier a été bouclé le soir de la mort du premier Gilet Jaune.

On dit qu’ils auraient encore changé de guitariste.

C’est vrai. Et de batteur aussi. C’est devenu un vrai groupe, je vous dis.

Vous savez chez qui sort ce troisième album ?

Oui, il y a trois labels. Permafrost, de Dordogne. Kerviniou de Rennes. Et I Love Limoges qui, croyez-le ou non, est de Limoges.

Et il ressemble à quoi exactement ?

Écoutez, tout ce que je peux vous dire c’est qu’il mêle à la perfection le post-punk traditionnel à la The Sound/Magazine avec un son plus moderne façon Total Control, que la production signée Jérôme Vetter est véritablement impressionnante, que « Look At Yourself » et « Shadow Of The Time » sont assurément les deux titres les plus forts et les plus évidents que le groupe ait jamais composé et que le disque est de toute évidence leur meilleur à ce jour, et d’assez loin.

Vous mentez. Ils disent tous ça.

Je vous le répète : ce disque est de toute évidence leur meilleur à ce jour, et d’assez loin.

Ok. Admettons. Une dernière question : vous habitez le quartier ?

Non.

Je me disais aussi. Je ne vous avais jamais vu dans le coin.

Et vu le café que vous servez, vous ne risquez pas de me revoir souvent.